Metrum Acoustics Ambre : un lecteur réseau attachant à plus d’un titre 13


Suite à un premier article d’introduction sur le Metrum Acoustics Ambre, nous voilà donc à nous pencher plus en profondeur sur cet appareil.

Metrum Acoustics est un fabricant reconnu pour ses DAC sur base de technologie R2R. Cependant il propose à son catalogue une gamme relativement étendue :

Metrum Acoustics propose une approche modulaire hardware de ses produits laissant ouvert le champ des évolutions. On peut, à titre d’exemple, mentionner la disponibilité de modules apportant la fonctionnalité MQA pour les DAC, mais également des modules d’entrée i2s (sur RJ45) en remplacement de l’USB. A ce titre Metrum Acoustics propose d’accompagner ses clients pour la partie connectique de l’i2S qui est loin d’être standardisée. Metrum Acoustics utilise les spécifications i2s de M2tech sur RJ45 que vous retrouverez sur ce lien, document qui consolide les différentes variantes et câblage de l’i2S. Ce fabricant pratique la vente directe uniquement et un prêt de  30 jours (achat du produit et remboursement) est possible.

L’Ambre, disponible en façade noire ou argent, vient compléter la gamme en proposant la lecture de fichiers dématérialisés. Ce produit est constitué :

  • d’une alimentation conséquente qui semble être la même que le DAC/Ampli Casque Amethyst.
  • d’une carte principale gérant les entrées sorties (AES/SPDIF/TOSLINK/i2S) mais également l’interface avec le cœur du lecteur réseau
  • Raspberry Pi 3 B+. Ce Raspberry est relié à la carte principale par l’intermédiaire de son connecteur. L’alimentation du Pi ainsi que la gestion des entrées/sorties de la carte principale se font uniquement par l’intermédiaire de ce connecteur (pas d’alimentation du Pi par le connecteur micro-USB de 5V par exemple).

Il existe cependant une liaison ethernet entre le Pi et la carte principale. Cette liaison, dans certains tests, est qualifiée de “découplage optique” entre le pi et la carte principale. La liaison étant assurée par un un simple câble ethernet, j’ai du mal à comprendre cette notion de “découplage”. Cependant la liaison ethernet est isolée galvaniquement et n’utilise pas directement l’entrée ethernet du Pi.

La carte principale accueille les connecteurs TOSLINK, AES et i2S. Le connecteur SPDIF sur RCA est déporté, je suppose par manque de place sur le PCB vs taille du produit. Cela présente au moins l’avantage de pouvoir remplacer le RCA par un BNC pour ceux que cela intéresserait.

La façade porte 3 indicateurs led : un pour la connexion LAN, un deuxième matérialisant la lecture d’un fichier audio et le troisième de couleur bleue sur lequel je reviendrai plus tard, matérialisant la mise en route du produit.

Il n’y a pas de découplage particulier au niveau des pieds qui s’avèrent être des produits assez standards en “caoutchouc”.

Le cœur “intelligent” de ce produit est donc un Raspberry Pi de 3ème génération dans sa dernière version (B+). Cette approche déjà mise en place par de nombreux fabricants (on peut mentionner Allo qui vient juste de sortir la version signature de son best-seller : la DigiOne) apporte modularité et évolutivité à la fois sur les plans hardware et software.  Metrum Acoustics s’est donc dans un premier temps consacré à rendre son lecteur réseau compatible et certifié Roon. Ils sont donc parti d’une base de distribution peu gourmande (chargée en RAM) et orientée Roon : RoPieee. Vous trouverez ci-dessous une brève description de cette distribution.

For the tech savvy: it’s Archlinux based, runs a custom 4.9.x kernel with the latest DSD patches, runs completely in RAM, uses the F2FS file system for preserving the flash card as much as possible, supports native DSD for a reasonable set of DAC’s (i’ll need to document that), and updates itself automatically. For that I’ve (for now at least) implemented a crude mechanism where the RPi reboots once every 24 hours and after that checks for updates. So basically it follows Archlinux rolling release model, with on top of that Ropieee’s software and the custom kernel.

A l’heure actuelle, Metrum Acoustics a fait certifier son appareil chez Roon sur la base de cette distribution. Dans ce sens, quand RoPiee a fini d’être chargé, la LED bleue de façade arrête de clignoter ce qui n’est pas le cas si vous souhaitez utiliser d’autres distributions. Un point que Metrum Acoustics travaille puisqu’ils cherchent à ouvrir plus leur produit à la communauté.

On accède aux paramétrage de le distribution et de l’appareil en pointant sur l’adresse IP de l’Ambre dans un navigateur. L’accès en SSH pour les plus “pointus” est toujours possible en utilisant les identifiant/Mot de Passe usuels (root/root).

Cette distribution peut rebooter à intervalle régulier afin de valider la présence de mises à jours en version “stable” ou “beta”, à paramétrer via l’onglet “advanced”.

La base de l’Ambre étant un Raspberry Pi avec une partie “carte son” identifiée comme “Hifiberry Digi + Pro“, il est tout à fait possible d’installer d’autres distributions. A noter que Metrum Acoustics est tout à fait ouvert à ce que les utilisateurs poursuivent leur expérience dans ce sens, en autorisant l’ouverture de l’Ambre afin de pouvoir procéder aux changements de cartes SD (sans perte de garantie bien sûr : précision importante afin d’éviter les approximations). Je me suis donc lancé dans la mise en place de Dietpi et de PCP en personnalisant mon besoin pour Dietpi (GMediaRender, Squeezelite, Shairport, BubbleUPnP Server). Cette personnalisation permet entre autre d’accéder au streaming de Qobuz via OpenHome ou LMS). Je me suis servi des outils de configuration de dietpi afin de couper le wifi dont je ne me sers pas (pas testé au travers de la boiboite en acier), couper le Bluetooth et diminuer la consommation des ports usb (pas de besoin).

Tout fonctionne parfaitement bien hormis la LED bleue en façade qui ne cesse de clignoter. En attendant une prise en compte de ce point par Metrum Acoustics, la méthode du “scotch masquant” est certainement la meilleure. Metrum travaille à proposer des solutions autres que Roon a une date qui est encore à clarifier.

Metrum Acoustics s’appuie sur deux horloges provenant de Tentlabs (VCXO ?) en 44.1 et 48kHz gérant bien sûr les multiples de ces fréquences (cf galerie de photos ci-dessous)

En ce qui concerne les tests, ceux ci se sont bornés à essayer les sorties AES et SPDIF n’ayant pas de DAC i2S compatible à porté de main. Quoiqu’il en soit, ces deux sorties devraient être les plus couramment utilisées par les clients de ce produit. En terme de distribution, les retours ci-dessous sont basés sur RoPiee, donc la distribution de base de Metrum Acoustics. J’ajouterai mon ressenti sur les autres distributions (s’il y en a) dans les jours à venir.

J’ai repris des listes de lectures habituelles :

Ce qui frappe dès que le produit est alimenté c’est sa capacité à gérer le rythme des titres mais également les différents plans sonores. J’ai pourtant été élevé très tôt au “biberons” des streamers excellant dans ce domaine (BelCanto RefStream, dCS Network Bridge), et clairement cet Ambre possède cet héritage. Il est important de pouvoir comparer ce produit avec une équivalence sur base Pi. Sur les axes rythme et scène, et c’est encore heureux compte tenu de l’écart de prix, l’Ambre apporte beaucoup plus qu’une DigiOne Player (avec alimentation stock Allo ou alim linéaire 5V). Repasser sur la DigiOne Player en SPDIF est une vraie gageure : la lecture de “Tamacun” de Rodrigo y Gabriella ou de leur reprise de “Stairway to Heaven” apparaît comme localisée entre les enceintes avec un jeu des deux guitares beaucoup plus difficile à suivre. Pas de problèmes de timbres ou de dynamique (Aron Ottignon au Funkhaus ou “Man Down” de Vianney) juste cette aération qui est si évidente sur l’Ambre.

Cet aspect est d’autant plus frappant sur le live de Birdy et le titre “Skinny Love” : la prise de son permet de retranscrire de façon réaliste la scène sonore et l’interaction  avec le public. La DigiOne, mais on pourrait citer également l’Auralic Aris G2, n’arrivent pas à restituer ces différents plans. Pas que la restitution soit inécoutable sur ces deux produits mais on attend forcément mieux. La lecture du jeu de cymbales en arrière plan du “Vent nous portera” (reprise de Sophia Hunger) est beaucoup moins immersive et jubilatoire sur ces deux derniers appareils (Allo DigiOne et Auralic Ariès G2) et malgré quelques artifices du G2 notamment au niveau de filtres.

Quels que soient les titres, cette aération apparaît comme évidente et permet d’élever la performance globale de cet Ambre à un niveau proche du dCS Network Bridge. Est ce que l’Ambre fait mieux que ce dernier ? La réponse est non notamment sur des titres denses en termes d’instruments et complexes en terme de scène sonore. Le dCS conserve une petite longueur d’avance qui s’accroît quand on lui adjoint une clock telle que la dCS Rossini.

En ce qui concerne les différentes entrées, je dois dire que j’ai perçu une légère différence entre l’AES et le SPDIF notamment sur les voix montantes qui ont tendances à être légèrement agressives en configuration AES (câble Coincident et Synergistic Research CTS). Cette agressivité s’est atténuée en passant sur du SPDIF (Coincident et Mad Scientist). Est-ce lié aux sorties de l’Ambre ou aux entrées de mon DAC…seuls des essais complémentaires le diront (en cours). Il fallait bien trouver un petit bémol à ce produit mais ce point n’est en rien rédhibitoire vu de chez moi quant au choix de ce produit.

Conservons en tête que les prix entre un Ambre et un Network Bridge varient du simple au triple, et atteindre ce niveau de performance à ce niveau de prix peut être considéré comme un bel exploit. Certes ce n’est pas un “couteau suisse” tel que l’Auralic Aris G2, mais je retiens de cet essai, les différentes interactions avec Metrum Acoustics qui ont toujours été ouvertes et empruntes de volonté de faire évoluer le produit d’un point de vue software et hardware. Metrum est à l’écoute de ses clients notamment par leur volonté de rester flexibles dans les fonctionnalités. Pour ceux qui souhaiteraient aller plus loin (en oubliant la garantie), ce produit est une jolie base d’optimisation.

En conclusion, je n’aurais pas aujourd’hui un dCS Network Bridge à demeure, je pense que le choix serait difficile entre le dCS et l’Ambre. Dans ma configuration, ce produit répond à 90% de mes critères (il manque une sortie USB) et d’un point de vue restitution sonore il doit être en mesure là encore de répondre à ma majeure partie de mes attentes. Dans ce sens, il risque fort de rester à la maison sur un deuxième système orienté autour de l’écoute au casque lors de mes crises d’insomnies.

En ce qui concerne la suite, je vais passer plus de temps sur l’écoute de différentes distributions sur cet appareil (PCP, Dietpi, …), façonner ces distributions en fonction de mes besoins (streaming Radio, Qobuz, UPnP, LMS, Roon, etc…) et de mes compétences limitées en Linux.

Liens vers d’autres distributions (attention la led bleue clignotte 🙂 )

La dietpi embarque ROON, un serveur UPnP, un serveur LMS, BubbleUPnP Server, Airplay. J’en avais profité pour couper le bluetooth et les ports USB qui ne servent à rien. Les noms des machines ont été changées pour refléter le nom de l’Ambre.

En ce qui concerne Picoreplayer, c’est la version de base avec les noms de machines reflétant également le nom de l’Ambre.

Lien vers la traduction an anglais sur le site de Metrum Acoustics : Lien

Système de test

Décrit ici . Câbles AES (Coincident et Synergistic Research CTS), Câbles SPDIF (Coincident et Mad Scientist)


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13 commentaires sur “Metrum Acoustics Ambre : un lecteur réseau attachant à plus d’un titre

  • thebeathunters

    Mon dieu cela semble si simple de poser un vinyl sur une platine comparé à cela… alors que non, en fait, ça ne l’est pas.
    merci pour ta passion et ta curiosité sans cesse renouvellée pour aller plus loin dans ton système.

      • thebeathunters

        c’était un clin d’oeil pour toi évidemment.
        me bagarrant avec la suite de mon intervention autour du mono, je réalise combien c’est compliqué même quand on essaie de faire simple et le mono limite aussi pas mal la discothèque, c’est pire pour le vinyle disons moderne.
        le modus operandi restant Keep It Simple Stupid- KISS.

  • samsoum

    J ai bien apprécié votre review de l ambre, surtout la comparaison avec le dcs nb et la rossini clock.
    J ai pense a ajouter un serveur streamer a mon systeme actuel, et dcs nb etait ds ma liste car pourvu de la aes output qui genere le meilleur son en entree de mon dac qui est le devialet200 ( utilisé pour le moment comme streamer/ dac/ pre).
    Je suis dans le doute depuis un moment entre remplacer mon devialet 200 avec un dac/ streamer/pre qui le surpassera d une bonne marge point de vue son OU relier un bon streamer du niveau du dcs nb ou un innuos zenith se( qui streamera de son rj45 au devialet)
    Roonready est un must.
    J ai deux dac/ streamer/ pre en tete qui sont: dcs rossini ou son petit frere le bartok et le msb premier dac( tous deux roonready et beneficient d un excellent pre).
    En streamer avec aes out: dcs nb et d1 totaldac et l innuos zenith se.
    Si vous étiez a ma place qu elle route empreinterai vous?
    Nb: mon systeme sonne vraiment correcte pour le moment pour ne pas dire excellent, mais ma quete pour l excellence est omniprésente!
    Merci

    • Patatorz Auteur de l’article

      Bonjour et merci.
      En premier lieu, l’innuos Zenith MK2 SE, que j’ai possédé est difficile à trouver car fabriqué en 100 exemplaires. Ce n’est pas qu’un streamer c’est aussi un serveur au même titre que Melco ou Fidata. L’intérêt, d’après ce ce que je comprends avec l’innuos est de se servir de son” bridge” afin d’attaquer le devialet ? Je ne connais pas bien Devialet mais je crois comprendre qu’il y a pas mal d’écart de performance entre les différentes entrées (Ethernet, AES, etc…). Je ne saurais vous conseiller.
      Je pense que la question qu’il faut se poser est vraiment de savoir si vous voulez du tout en un (DAC/Streamer) ou uniquement un streamer. L’évolutivité n’est pas la même. Il faut aussi clarifier où sera votre serveur (NAS, ordinateur dédié ou pas,…).
      En ce qui concerne les pré, je n’ai pas écouté les dCS ou MSB et je n’ai aps regardé si leur volume était numérique ou analogique. Globalement et en dehors du Leedh Processing, je ne suis pas fan du tout du contrôle de volume dans le numérique.
      En ce qui concerne les streamer avec AES : dCS reste pour moi une référence. Totaldac est évolutif (vous pouvez aussi avoir un DAC et streamer intégré chez TotalDac), vous pouvez l’avoir en prêt et il a une très bonne réputation. L’innuos ne sort qu’en USB donc en dehors de votre scope.
      En DAC/Streamer, il y a en a beaucoup plus que le dCS et le MSB. On peut aussi citer le BelCanto EX, le Merger Nadac, etc..qui sont tous compatibles roon. Je serais vous j’écouterai d’abord afin de m’assurer comment le volume de ces DAC est géré et potentiellement plutôt privilégié une gestion du volume en analogique (via un pré ou un bon intégré).
      En résumé : je vous recommanderais de revoir votre besoin autour de : 1/ où sera le stockage 2/ai-je besoin d’évolutivité 3/ ai-je besoin d’avoir accès à différentes fonctionnalités telles que le streaming radio, tidal, qobuz, etc.. 4/ dois-je gérer le volume dans le domaine numérique…
      Au plaisir de vous lire

    • samsoum

      J apprecie votre reponse detaillee.
      En fait j ai besoin de roon pour streamer de tidal.
      J utilise en ce moment un macbook pro qui sert de server/ rooncore.
      Devialet a toutes les entrees numeriques,mais la plus capable soniquement parlant c est la AES.j ai essaye l aurender n10 d un ami en usb et en aes ; et le resultat est bleuffant et incomparable ; aes haut la main.
      Devialet utilise son propre protocole appele AIR qui integre roon ; donc les fichiers sont streames via ethernet; et le resultat ici aussi est top notch.
      D apres ce que j ai lu des utilisateurs devialet; il faut aller vers du dcs nb en aes out vers devialet aes in pour ameliorer la qualite sonore de ROONAIR.
      Mon idee est de me debarasser du macbook de la chaine audio a cause du bruit ( suppose) qu il genere.
      Donc ma strategie est soit d ajouter un streamer top notch roonready
      Soit un dac/ streamer/ pre au lieu du devialet mais je me rends compte que la je limite mon evolution; c est pour ca j ai choisi 2 dac a l evolution facile soit par software update ou ajout de clock pour dcs; ou ajout de modules comme alimentation separee , clock, etc etc pour msb.
      Je sais que je tourne au tour du pot; mais je pense que la solution la plus logique serait un dcs nb ; ou ce metrum ambre ; pourquoi pas? Pour le prix honnetement il vaut le coup surtout que ces perf approchent le nb selon votre review.

      • Patatorz Auteur de l’article

        Bonjour,

        Dans l’equation, il vous faudra quand même conserver un Roon server Donc il faudra trouver une solution si vous voulez vous séparer de votre MAC (innuos qui embarque un Serveur Roon, un NAS, un nuc….).
        Le plus simple d’après vos essais serait de brancher un NB ou ambre en AES. L’un est évolutif avec une clock et c’est un vrai bon en avant mais cela à un prix qui pourrait être prohibitif. L’ambre demeure une bonne solution mais moins évolutive mais à prix contenu.
        Le choix est de votre côté 🙂

        • samsoum

          Bonjour,
          Je voulais faire un follow up de notre discussion a propos du choix du streamer.
          J ai finalement franchi le pas et j ai opte pour le totaldac d1.
          Il remplie toutes mes conditions et en plus j adore l esthétique.
          Pour ceux qui sont intéressés je pourrais elaborer sur la qualité sonore exceptionnelle.
          En bref, le d1 est un reclocker avec streamer et server et roonready.
          Encore merci.