[Test/Review] Amare Musica Diamond Server (Partie 1)


Amare Musica est une marque audio, plutôt haut de gamme, issue de Pologne. Son catalogue s’étoffe de mois en mois et ce fabricant propose aujourd’hui des amplificateurs, des DAC ainsi qu’une gamme de lecteur réseau ou plutôt de serveurs. Cette gamme va du Nano, en passant par le mini music server pour aller jusqu’au Diamond Server.

A noter que Amare Musica propose maintenant des enceintes ainsi que des DAC intégrant la fonction serveur. En aparté, les DAC DSD de Amare Musica proposent des sorties à tubes mais surtout un traitement tout particulier du DSD. En effet, si vous alimentez le DAC en signal DSD, ce dernier est converti en analogique par un traitement passif (sans puce de conversion). Si vous alimentez en PCM, une conversion en DSD par une puce AKM est alors réalisée avant conversion analogique. Vous pouvez retrouvez une review ici. Pour avoir pu écouter le convertisseur, si on alimente en signal DSD (donc USB impératif) la qualité audio est largement supérieure à celle obtenue par le chip de conversion. La restitution est fluide et organique. A mon sens un très bon rapport qualité prix.

La présentation de cet appareil se fera en deux étapes : en premier lieu une description technique suivie dans un deuxième temps des écoutes.

Ce Diamond Server est livré dans un magnifique FlyCase qui propose l’appareil, la télécommande, un tournevis pour changer les piles de la télécommande et un câble secteur. L’appareil propose également 4 pieds de découplages sur billes céramiques issus de chez Franc Audio.

Ce Diamond Server se différencie de ses petits frères par une attention toute particulière quant aux alimentations et finitions. La version testée est la dernière en date : la MK3. Du côté alimentation, le Diamond Server embarque 4 alimentations linéaires séparées :

  • une alimentation pour la carte mère puisque le Diamond Server est avant tout un ordinateur,
  • une alimentation séparé pour le double afficheur OLED,
  • une alimentation pour la carte SPDIF/AES,
  • une alimentation pour la carte USB Audio dédiée.

Vous voyez donc que rien n’a été laissé au hasard de manière à découpler toutes les risques possible de pollution. La carte SPDIF/AES, est issue de la carte USB Audio dédiée, et propose 3 types de connecteurs : SPDIF RCA (1)  et BNC (2)  ainsi que AES (3). La carte USB Audio dédiée alimente à la fois la carte SPDIF/AES mais également 2 sorties USB audio (4 & 5) vers des DAC permettant la connexion entrante USB. Il reste 2 sorties/entrées USB (6&7) sur lesquelles on peut brancher des unités de stockage extérieure ou alors une connexion vers des DAC. Cependant la qualité de ces sorties vers un DAC sont en dessous d’un point de vue qualitatif, de celles issues de la carte USB Audio dédiée. A noter que Amare Musica a pensé à tout, puisque, via la télécommande et un relais interne, le 5 Volt de l’USB Audio peut être activé ou désactivé en fonction du besoin du DAC. Bien entendu, un prise RJ45 en (8).

La mise en route du Diamond Server se fait par l’intermédiaire du switch à l’arrière de l’appareil qui permet de laisser l’appareil sous tension. Il faut cependant initier le démarrage par la télécommande (lourde et en aluminium) afin de faire « booter » le système qui est sur une base Linux. Le boot demande une trentaine de seconde afin d’être opérationnel.

En terme de solutions client/serveur cet appareil dans sa version MK3 est compatible :

  • Airplay
  • UPnP (via un serveur interne ou externe)
  • UPnP Openhome (car embarque BubbleUPnP Server) : je reviendrai sur ce point plus tard.
  • Roon via protocole RAAT.

La version MK3 apporte une compatibilité DSD512 de part l’évolution de sa carte mère. Le DSD est disponible sur les ports USB. Le SPDIF et l’AES étant compatible, a minima, jusqu’au 24bits / 192kHz.

Au delà d’être un simple lecteur réseau, cet appareil, comme le nom l’indique est un serveur. La fonction serveur s’appuie sur minimserver qui est embarqué au sein du Diamond Server. Dans ce sens, il est possible d’aller pointer via l’interface web vers un disque réseau ou NAS qui hébergerait les fichiers. La seule limitation du serveur interne est qu’il est bloqué en évolution et il n’est pas possible par exemple d’y ajouter minimstreamer afin de permettre du transcodage de fichiers. Il est bien sûr toujours possible de s’appuyer sur un serveur externe (sur NAS ou ordinateur) étant donné que le Diamond Serveur est compatible UPnP. La lecture en UPnP permet la visualisation des Titres/Albums joués sur les écrans OLED, avec différentes configurations en fonction des goûts de chacun.

L’interface Web permet d’accéder à des réglages :

  • de transcodage DSD (lecture Native ou DoP)
  • la sélection des sorties numériques (USB ou SPDIF/AES). Attention dans le cas de l’USB et Roon, afin de passer de SPDIF/AES à l’USB il faut rebooter l’appareil.
  • Buffer Audio (2MB est le standard pour la lecture de 12 secondes de fichiers au standard CD)et Buffer (temps) avant lecture.
  • Réglages du volume : digital (vu de chez moi à proscrire) et hardware (sortie en BitPerfect sur 100% de l’échelle)
  • Réglages TIDAL et LastFM
  • Le montage de disques durs « Music on USB »
  • Le montage de disques réseaux via protocoles SMB ou CIFS (option NAS). il suffit de saisir dans les champs adaptés

Le Diamond Server embarque également :

  • BubbleUPnP qui est accessible via l’adresse IP du Diamond Server et le port 58050. Cette compatibilité permet une lecture de Tidal et Qobuz en haute résolution via les interfaces Lumin, mConnect ou Linn Kazoo.
  • Client TIDAL
  • Client Radio IceCast et TuneIn. Pour Tunein, il n’est pas possible à l’heure actuelle de se connecter avec ses identifiants afin de récupérer ses favoris.
  • Client LastFM afin de « scrobbler » ses écoutes (saisie des identifiants)

Le Diamond Server permet également la lecture de fichiers sur des médias USB (Disques Durs ou clé USB) mais dans ce cas, le pilotage doit se faire par l’interface web qui sert à la fois à la configuration mais également donc à la lecture de fichiers sur NAS ou sur médias USB.

 

Le Diamond Server est également compatible Roon, ce qui devient un « must », au travers de Roon Bridge. A noter que dans ce cas l’écran OLED ne permet pas l’affichage des informations des titres joués.

Les mises à jours sont poussées par le fabricant au travers d’internet.

La télécommande, quant à elle, est sans doute le point le plus perfectible de l’appareil. Amare Musica a voulu de se démarquer de la concurrence en proposant une télécommande dans le même style que l’appareil. Cependant les touches sont un peu dures et petites et leur utilisation fait un peu de bruit. Cependant, et soyons pragmatique, l’utilisation de la télécommande est particulièrement limitée car votre pilotage passera par un point de contrôle UPnP (Lumin, Linn, Jremote, etc…) ou Roon. Son utilisation devrait se limiter donc à l’allumage et extinction de l’appareil.

Pour résumer la présentation technique, l’Amare Musica Diamond Server présente des fonctions assez similaires que l’on peut retrouver sur des produits moins onéreux tels que Sonore micro/ultra rendu voire Signature SE, ou SOtM SMS200. Cependant, sa conception orientée haut de gamme, en premier lieu sur son design tout en aluminium (et en poids) mais aussi sur ses alimentations séparées en font définitivement un produit hors du commun et assez unique sur le marché. Les concepteurs ont quasiment pensé à tout et je dois dire que l’interface web proposée pour la configuration et le pilotage est simple et efficace à la fois en utilisation depuis le PC ou une tablette. Basé sur un noyau linux (Fedora ?), cet appareil est évolutif et propose donc la plupart des standards du marché (UPnP, OpenHome, Roon,..). Son utilisation avec des NAS et des disques durs est d’une simplicité déconcertante. Il propose également des sorties SPDIF/AES dédiées ainsi que des sorties USB dont le traitement a été optimisés. Sans trahir de secret, et ce que je relaterai dans la deuxième partie, la qualité sonore, quelle que soit la sortie (SPDIF/AES/USB) est au delà de ce que j’ai pu entendre à l’heure actuelle (Auralic Aries, dCS Network Bridge, Lumin U1, Sonore ultra rendu avec alimentation linéaire et LPS1,…)

Cet appareil se révèle être une véritable réussite d’un point de vue technique : il ne s’agit pas d’un simple transport réseau mais d’un produit parfaitement bien pensé en terme d’architecture, en évolution de part sa base linux (bien meilleur suivi que dCS, Belcanto ou consorts), mais également par le fait qu’il soit un serveur, ouvert sur différents médias et protocoles (UPnP, OpenHome, Roon,…).

La suite dans quelques jours dans la partie 2 qui traitera de la restitution sonore.

 

 

 

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