Système LIM Morphosis Audio : Compte Rendu de l’écoute du 10 Mars 2018 sur Lyon 9


Le rendez-vous était pris ce samedi après-midi à Couzon au Mont d’or pour écouter le fameux système LIM (Less is More) de Morphosis Audio.

En premier lieu, un grand merci à Philippe (thebeathunters) quant à l’organisation de cette démonstration, car oui nous avons participé à une démonstration et non pas une écoute.

Nous nous sommes donc retrouvés à une vingtaine, plus que prévu apparemment, dans une salle sous pente d’une vingtaine de mètres carrés. Le concepteur, Franck Mounier précise en aparté que le produit est un proto et que la finition de ceux qu’il commence à livrer, est bien améliorée.

La démonstration s’est déroulée en deux temps : sans puis avec un caisson. Pour en revenir sur la démonstration, je re-utilise le mot que M Mounier a lui même employé car il n’a été possible que d’ecouter des extraits proposés par le concepteur. Bref, aucune possibilité pour les personnes présentes d’ecouter des morceaux qu’ils connaissent parfaitement. Les morceaux sélectionnés permettaient de bien mettre en avant la performance du système, mais cela reste apparemment un regret pour bon nombre de participants.

La source consistait en un lecteur cd Micromega relié en toslink à l’unité centrale que nous appellerons FDA. Cette unité centrale propose également des entrées spdif (coaxiale RCA) et AES/EBU. Apparemment le volume était piloté par une télécommande mais aussi par un ordinateur qui semblait être relié en USB à l’unité centrale. M Mounier avait un cd gravé pour la démonstration sans caisson et…un autre cd pour les morceaux avec caisson.

L’approche de M Mounier est tout à fait intéressante. Elle s’inscrit, comme il l’a rappelé en introduction de la démonstration, dans la fidélité de la retranscription et la transparence du système. Dans ce sens, son système est conçu comme un système actif sur base d’amplification classe D de type FDA (Full Digital Amplifier) qui fonctionne en PWM avec une linéarisation de la réponse. C’est cette linéarité qui apporte, selon M Mounier, la transparence, la dynamique et la musicalité.

Un signal Spdif, AES ou USB sorti d’un drive CD ou drive numérique,
le signal numérique est converti dans un autre format numérique, PWM de très haute fréquence (1 bit, à largeur variable, avec un parfum de DSD, le DSD étant 1 bit, mais à largeur fixe),
ce signal PWM est envoyé à un étage de 2 transistors, chacun fonctionnant en mode bloqué 0 ou 1.
Un filtre passe bas (self + capa)  élimine ensuite les hautes fréquences liées à PWM.
On sort sur les enceintes.

Les alimentations sont à découpage et on reviendra sur ce point en fin de compte rendu.

J’ai toujours été intrigué par les discussions que l’arrivée des FDA (notamment chinois) ont suscité. En effet, et pour avoir possédé le fameux FX802 et D310, je me suis vite rendu compte que la mise en oeuvre était délicate notamment dans l’association aux enceintes. En effet de part la puissance limitée, issue des puces utilisées, je n’ai jamais réussi chez moi à obtenir un rendu qui me faisait dire que j’avais entre les mains l’avenir de la hifi. Ces FDA n’étaient pas en mesure d’exploiter mes enceintes de l’époque (Egglestonworks Fontaine Signature) ce qui se traduisant par une restitution sans relief, sans dynamique et finalement très banale. Les essais de ces FDA sur des enceintes de rendements plus adaptés, voire même dans certains cas des FDA « tweakés » au niveau de l’alimentation m’ont permis d’entrevoir le potentiel de ces produits quant à leur dynamique et leur transparence.

Pour en revenir au modèle LIM, et contrairement aux FDA qui demandent une association aux enceintes, le système a été conçu autour de l’amplification et des enceintes (y compris le caisson) afin d’optimiser le rendu. C’est dans ce sens que l’approche me paraît tout à fait valable.

La démonstration commence par le système en 2.0 donc uniquement avec les enceintes « satellite ». Nous sommes passés de prises de son éloignées avec des cloches d’église, à des chants grégoriens en passant par du blues, du jazz voire une basse électrique dons la prise de son a été réalisée en « direct ». Dans cette configuration, et avec les morceaux de test, il est clair que ce système, dans cette pièce est un modèle de finesse, d’aération et de dynamique. En écoute à 2 mètres, je n’ai jamais ressenti de basses écourtées ou en retrait. Ce qui est frappant, de mon point de vue, est vraiment la dynamique apportée par ce système et ceci même au delà de la spatialisation de la restitution. Nous sommes tous habitué à une certaine « coloration » de nos systèmes, et soyons objectifs c’est aussi pour cela que nous les aimons. Dans ce cas précis, je n’ai pas ressenti de coloration particulière. D’aucun diront que les basses sont en retrait et que c’est tout à fait normal compte tenu de la taille des HP  : personnellement ça ne m’a pas manqué.

La démonstration continue ensuite avec le système en 2.1 donc avec l’ajout du caisson de basses (subwoofer). Le passage au « sub » demande un réglage que le possesseur du système peut assurer via une manipulation avec un tournevis. La fréquence de coupure (au 8ème ordre) est calée sur 80Hz ce qui libère d’autant les satellites. Au delà des basses plus présentes qui selon moi apparaissent ou se font oublier en fonction du morceau, le caisson apporte plus d’aération et de lisibilité. En fonction des environnement, il pourrait être souhaitable d’avoir un ajustement possible quant à la fréquence de coupure, la pente voire le volume, car il semblerait que certains aient trouvé le caisson trop présent.

A noter qu’il y a eu quelques « mésaventures » lors de l’écoute telles que des « clics » dans l’enceinte droite. Un temps associé à la qualité du courant, ces « clics » pourraient venir d’une alimentation à découpage un peu « faiblarde » car ils étaient bien moins présents lors de l’écoute avec le caisson. Nous avons eu droit également, à quelques « reboot » afin de retrouver le bon niveau de volume

La question qui se pose naturellement est de savoir comment ce type de système pourrait sonner chez soi quand les essais sont limités (produit vendu en kit) et que les écoutes ne permettent pas de se familiariser avec la musique que nous écoutons en général.

Il n’en demeure pas moins que je trouve ce système intéressant non seulement dans l’approche (cohérence) mais également dans la performance. Son prix est contenu, également en raison de sa commercialisation en kit, et j’ai cru comprendre que l’on pouvait acquérir le système sans caisson pour 3500€, l’ajout du caisson portant la note à 5500€ (à confirmer). En résumé, un produit à recommander pour celui qui veut un accès simple à la hifi avec un niveau de performance qui devrait en ravir plus d’un.

 

En aparté et grâce à TheBeatHunters, voici la référence d’une piste intéressante jouée pendant la démonstration. Il s’agit d’une piste de Ligeti tout en percussions et notes glissantes. Attention : il y a très peu de compression dynamique (Album à 22 en DR) : risque d’être exigeant pour les systèmes en écoute à volume sonore représentatif. (Lien Qobuz)

 

 

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9 commentaires sur “Système LIM Morphosis Audio : Compte Rendu de l’écoute du 10 Mars 2018 sur Lyon

  • thebeathunters

    compte rendu très fidèle que je valide de A à Z.
    selon les infos du lieu, la pièce mesure plutôt 30 m2. j’étais placé tout au fond et plutôt à gauche et outre le lisibilité, précision et musicalité (excusez du peu) c’est a disparition des enceintes qui m’a impressionné et aussi cet impact du grave sans caisson, incroyable pour des enceintes de cette taille. il semble que les clics venaient d’un chip FDA défaillant à remplacer, l’alim’ aurait généré les bruits sur les deux enceintes. démo/écoute réellement impressionnante.

    • Patatorz Auteur du billet

      Merci pour les compléments d’information Phil. J’avais cru comprendre qu’il y avait une alimentation à découpage par chip FDA. En fait j’ai dû interpréter les propos du concepteur.
      Un système très intéressant

          • thebeathunters

            Ecoute maison sur Klipsch LaScala + marantz cr610 (cdp/fda intégré)

            avec leur 103 db de haut rendement, les Scala proposent une écoute vivante, naturelle et aérée.
            alliées à un FDA, cela peut s’avérer rapidement discriminant pour des masterings écourtés ou trop compressés. certains cds semblent manquer de basses (reproche récurrent fait aux Scala qui ne descendent pas en dessous de 50hz) ) et du reste… d’autres titres peuvent presque laisser entendre de l’infra-basse et en tout cas des basses plus affirmées (notamment en vinyl)… c’est la magie de la maîtrise de la prise de son et du mastering à l’oeuvre, ces éléments essentiels et déterminants de notre plaisir d’écoute.
            donc globalement, les Scala me procurent une impression assez réaliste des enregistrement et de leurs limites, de leurs qualités et défauts et surtout de la personnalité/sonorité de la prise de son elle-même.

            le concerto de Ligeti, superbement atypique est ici retranscrit assez spectaculairement en terme de percussion, détourage des instruments et qualité de l’enregistrement. les silences sont presque aussi « soniques » que les notes. c’est d’autant plus évident à volume élevé où chaque son prend une dimension vraiment vivante.
            à bas volume, l’oeuvre reste intéressante mais perd de son intensité. la musique de Ligeti – comme d’autres créations contemporaines non mélodiques – est exigeante. ce n’est pas une musique qui s’écoute en fond sonore.
            dans mon salon familial assez reverbérant et vite saturé, la qualité de l’enregistrement permet de vraiment monter le son et de ressentir une dimension physique de l’oeuvre impressionnnante.

            sur le système du bureau (drive DVD+dsound d310 (FDA) +rega Ela 1.5) l’écoute est toujours d’une très grande lisibilité, confirmant que le concerto est magistralement enregistré et donc particulièrement agréable à écouter, quel que soit le système, à volume soutenu – ici certes sans l’impact et l’ampleur des Scala.

            il me semble que le systeme LIM offrait une impression de débordement du cadre et de presque totale disparition des enceintes – qualités des bonnes « petites » enceintes: savoir se faire oublier si le placement est optimal – ce qui était le cas à la démo LIM.

            donc l’écoute plutôt très concluante de Ligeti at home m’oblige à quelque peu relativiser la dimension spectaculaire de LIM. bénéficiant d’une mise en oeuvre presque idéale à volume d’écoute soutenu, LIM nous a fait entendre une restitution très fidèle des enregistrements choisis mais de fait, cette sélection établie pour exprimer leurs qualités, sans des défauts qu’on aurait pu attribuer, sans doute à tort au système – est une des limites d’une démonstration « fermée », au tracklisting maîtrisé.
            dire qu’on aurait voulu entendre un enregistrement « moins bon » – ou en tout cas plus connu, pour apprécier la qualité de LIM presque « par défaut » semble incongru et c’est pourtant une impression partagé par plusieurs auditeurs.
            au-delà de sa découverte, musicale et « audiophile », cet enregistrement superlatif de Ligeti semble sinon transcender mes systèmes – a priori moins performants (technologie FDA mais sans filtre actif ni linéarité en phase) mais tend à valider les qualités que je leur trouve.
            seule une comparaison directe et prolongée dans les même conditions d’écoute, avec une sélection plus personnelle permettrait d’en apprécier réellement les qualités et différences.
            ce n’est donc pas une botte en touche concernant LIM mais plutôt l’envie d’en entendre plus qui s’affirme.

            • Patatorz Auteur du billet

              Bonjour Phil, sans tergiverser : je partage ton retour. Avant d’avoir écouté le Ligeti à la maison, je me suis dis que ce système LIM apportait énormément de transparence, de rapidité, de capacité à dissocier les plans ce qui rendait hommage à ce morceau tout en percussions, glissement de note et…silences.
              Après avoir reçu l’album, je me suis empressé de l’écouter et finalement j’ai été dans l’incapacité de dire si ce titre était mieux sur le LIM ou à la maison. Quoiqu’il en soit je n’ai pas ressenti de « manque » en écoute sur mon système. Que peut on en conclure….
              que finalement même si ce titre est compliqué en écoute à volume conséquent (c’est bien là où cet album se révèle), avec une association enceinte/ampli qui fait sens (HR + FDA chez toi et enceintes bas rendement et « gros ampli » chez moi), la qualité du mastering de l’album est le point le plus important. Avec es enceintes autour de 90db avec un FDA je pense que ca serait très limite à volume représentatif.Donc ce titre, et certainement bien d’autres de la playlist de M Mounier mettent en évidence l’adéquation de la partie ampli et des enceintes. Rien d’anormal pour un système qui a été conçu de la sorte.
              Bref à part la confrontation directe sur ton système, dans ton environnement, il est difficile de départager ton système et le LIM sur la base des souvenirs et des quelques titres écoutés sur les deux systèmes.
              La conclusion est qu’il est urgent d’attendre 🙂 Non ?

              • thebeathunters

                oui exactement. la démo et le soin apporté par mounier dans la selection de ces plages, je ne les soupçonne pas comme délibérément trompeurs – comme certains l’ont avancé ailleurs ;-D mais justement pour permettre à LIM de faire entendre qu’il est bien « à la hauteur » de ces enregistrements.
                dès lors, puisqu’on a tous passé un peu de temps à essayer de mettre en oeuvre chez nous des systèmes cohérents – ou plaisants à nos oreilles – il n’est pas illogique que ces enregistrements magnifiques transcendent un peu nos habitudes. reste que pour un amateur qui chercherait un ensemble cohérent et très musical, tourné vers la dématerialisation (quoique Mounier en pense) LIM me semble une proposition intéressante. ses limites seront celles des défauts des tracks joués et peut être un peu plus qu’ailleurs car le FDA a tendance à les mettre en « valeur ».